Le Printemps en énergétique chinoise: optimisme et expansion

Enfin le printemps! En Occident, l’hiver a officiellement pris fin il y a quelques jours… Et pourtant, les arbres bourgeonnent, les oiseaux chantent et les animaux sont sortis de l’hibernation depuis plusieurs semaines déjà. Ce n’est pas pour rien que, dans le calendrier chinois, le Printemps a commencé le 3 février cette année. Il prendra fin le 5 mai pour laisser place à l’été.

Le printemps, saison du renouveau, période de reproduction chez de nombreux animaux, est en Chine considéré comme la saison de l’ascension de l’énergie Yang, qui prend alors progressivement le pas sur le Yin, grand maître des lieux pendant l’hiver. Ce ballet trouve son équilibre au moment de l’équinoxe, lorsque le Yin et le Yang sont à égalité avant que le Yang ne prenne le dessus. En chacun de nous, l’énergie adopte une dynamique d’extériorisation après le repli sur soi hivernal. 

Comme chaque saison, le printemps est associé à l’un des cinq éléments, ici, le Bois. Symbole d’expansion, de croissance, de projets et d’espoir, le Bois est associé en énergétique chinoise au Foie et à la Vésicule biliaire. Il convient donc de soigner particulièrement ces deux organes pendant cette saison, car leur énergie débordante est à la fois propice à l’esquisse de nouveaux projets et à l’expression de notre créativité, à l’ouverture à l’autre, mais aussi à l’irascibilité, la colère étant l’émotion caractéristique d’un Foie sous pression ou surmené. 

Pour permettre aux énergies du Foie et de la Vésicule biliaire de se déployer harmonieusement pendant cette saison, les praticiens en énergétique traditionnelle chinoise recommandent souvent aux personnes qu’ils reçoivent de favoriser la consommation d’aliments verts (céleri, épinards, blettes…), d’éviter les agrumes, ou le chocolat. Il convient aussi de privilégier les aliments tonifiant la Rate et le Pancréas, souvent malmenés par un Foie trop expansif: patates douces, céréales (avoine, blé…), etc. Faire de l’exercice ou des promenades en plein air est particulièrement indiqué au Printemps, période durant laquelle une connexion avec la nature permet d’apaiser l’esprit en ébullition. 

Il s’agit, en somme, d’entretenir le calme et l’impression d’enracinement, en une saison où toutes nos énergies sont à l’expansion et au renouveau. 

Bonne année du Buffle!

Bienvenus dans l’année du Buffle de métal Yin, dont on n’est pas mécontents qu’elle mette un terme à l’année du Rat de métal Yang, marquée par la pandémie de Covid 19… Même si le Covid 19 a fait son apparition, non pas en 2020, mais en 2019, comme son nom l’indique, et donc pendant l’année du Cochon…  

Peu importe, ce qui compte, c’est que chaque année au printemps, qui, en Chine, a commencé le 3 février dernier, on change d’année, et donc de signe zodiacal. L’astrologie chinoise en compte douze. Douze, comme le nombre d’années terrestres nécessaires à Jupiter pour faire le tour du soleil. Durant ces cycles de douze ans, chaque année est placée sous l’influence d’un signe. Ce n’est donc pas le mois durant lequel on est né qui détermine, comme en Occident, notre signe zodiacal, mais bien notre année de naissance. Ainsi, les personnes nées en 1985, 1997, 2009 ou en 2021 ont/auront pour signe le Buffle. 

Et n’allez surtout pas croire que le sujet est anodin. En Chine, on ne plaisante pas avec les signes du zodiaque. Leur présence dans la sphère quotidienne culturelle et sociale est patente. Ainsi, comme le rappelle le sinologue Cyrille J-D Javary dans son ouvrage “La souplesse du dragon, Les fondamentaux de la culture chinoise” (Albin Michel, 2014), on observe des pics de natalité les années du dragon, comme en 2012, car c’est le signe le plus puissant. Toujours selon le même auteur, les croyances liées à l’astrologie sont ancrées au point d’avoir des effets auto-réalisateurs. Ainsi, en 2007, en Chine, la bourse a suivi un cours haussier d’un tiers sans que cela réponde à des indicateurs économiques concrets… Mais c’était l’année du cochon, considéré comme favorisant l’enrichissement, ce qui a entraîné une hausse des investissements en bourse.

Alors qu’attendre de cette année du Buffle? Son nom chinois, niú shì,signifie “fort, impressionnant” quand il est utilisé comme attribut. Mais il est surtout symbole de germination, très important dans le secteur agricole. La maître de Feng Shui Ba De Ma raconte dans son calendrier 2021, que chaque année, au début du printemps, un buffle en terre réalisé pendant l’hiver dans les villages est fouetté par les habitants, lors de la fête du Printemps, avant de débuter les travaux des champs. On nourrit l’espoir que ce rituel apporte des récoltes abondantes et chacun essaie d’emporter un peu de terre du buffle pour que cela lui porte chance. 

Au-delà delà des aspects symboliques, la conjonction de chaque signe avec celui de l’année en cours, ainsi que d’autres éléments que nous ne développerons pas ici, va avoir une influence sur le déroulé de l’année. Mais, en substance, certains signes sont placés sous un vent plus porteur que d’autres. Les plus chanceux cette année seront les natifs des années du Rat (1936, 1948,1960, 1972, 1984,1996, 2008, 2020), du Tigre (1938, 1950, 1962, 1974, 1986, 1998, 2010), du Singe (1932, 1944, 1956, 1968, 1980,1992, 2004, 2016) et du Dragon (1940,1952,1964, 1976, 1988, 2000, 2012).

A titre général, le chiffre de l’année étant le 6, ce qui est favorable, Ba De Ma pense que cette année, la pandémie devrait prendre fin. On aura rarement eu autant envie de croire en l’astrologie.

Je vous souhaite donc à tous une excellente année du Buffle!

Les cauchemars en énergétique chinoise

On célèbre en ce moment les débuts de 2021. Mais en Chine, le cycle annuel n’est pas encore terminé et je réserve donc mes voeux pour l’arrivée prochaine de l’année du Buffle! En attendant, je vous propose de clore cette année du Rat, à certains égards (mais pas tous!) cauchemardesques, sur le cauchemar, précisément. 

Le rêve est l’une des principales expressions du psychisme. Alors, forcément, les cauchemars, surtout s’ils sont récurrents, sont particulièrement significatifs de l’état mental et émotionnel d’une personne à un moment donné. Intervenant en général pendant le sommeil paradoxal, ou dernière phase du cycle de sommeil, ils se distinguent des rêves par le fait qu’ils sont éprouvants pour celui ou celle qui les subit. 

L’énergétique chinoise a cherché à comprendre les mécanismes sous-jacents derrière les mauvais rêves, lesquels ne sont considérés pathologiques que lorsque ils sont fréquents ou récurrents. Pourquoi en fait-on? Comment empêcher leur survenue ou, à tout le moins, leur récurrence? La tradition chinoise inscrit l’apparition du cauchemar dans le cadre d’un ensemble à la fois physique, énergétique et psychique. Les frontières entre le mental, l’émotionnel et le physique sont en effet poreuses et l’état de chaque sphère affecte celui des autres. 

Altération énergétique, organique, psychique

Ainsi, si en Occident, on considère que le cauchemar est souvent le reflet de préoccupations et problématiques non résolues du sujet, en énergétique traditionnelle chinoise, c’est l’altération énergétique des organes (éventuellement induite par ces problèmes non résolus) qui va provoquer, in fine, l’apparition des cauchemars. 

Ainsi, dans le chapitre 43 du Ling Shu, ou Pivot Spirituel, il est précisé que “quand l’énergie pathogène envahit le Coeur, l’on rêve de fumée ou de feu sur la colline. Quand elle est dans le Poumon, l’on rêve de s’envoler et d’apercevoir des objets métalliques. Quand elle est dans le Foie, l’on rêve d’arbres, de fleurs et d’herbe dans les bois. Quand elle est dans la Rate, l’on rêve de collines et d’eau en grande dimension, et des maisons détruites par le vent et la pluie. Quand elle envahit le Rein, l’on rêve d’être au bord d’un précipice ou de plonger dans l’eau” (traduction du Docteur You-Wa Chen, Editions You Feng). 

Evidemment, les correspondances énoncées plus haut ne sont pas à prendre au pied de la lettre. Les rêves sont en effet “rattachés à l’inconscient collectif et à la culture d’une société”, comme le rappelle Philippe Sionneau dans son ouvrage Troubles psychiques en médecine chinoise, les solutions de l’acupuncture et de la pharmacopée, et la culture de la Chine ancienne se situe aux antipodes de la nôtre. Néanmoins, ce texte montre à quel point la santé énergétique des organes va influencer nos rêves et favoriser la survenue de cauchemars. 

Perturbation du Hun et du Shen

Aujourd’hui, on considère que quel que soit le trouble énergétique originel, les mauvais rêves sont toujours le reflet d’une perturbation du Shen (l’Esprit lié au Coeur) et/ou du Hun (l’Esprit lié au Foie). Le Shen est la Conscience d’une personne en tant qu’individu, être sensible, qui détermine l’ensemble de la vie psychique, émotionnelle, et sensorielle. Le Shen réside dans le Coeur et est donc particulièrement sensible aux troubles physiques et énergétiques de cet organe. Le Hun est quant à lui, l’Esprit spirituel, l’aspect le plus éthéré du psychisme d’une personne. Il réside dans le Foie et, plus particulièrement, dans le Sang du Foie. Cet organe est, du reste, considéré comme la “première ligne de défense émotionnelle” de l’organisme par Leon Hammer (voir son ouvrage Dragon rises, red bird flies: Psychology and Chinese Medicine). 

Les cauchemars sont donc souvent liés à des perturbations énergétiques ou physiques du Coeur, à cause de son lien avec le Shen, et/ou du Foie, du fait de son lien avec le Hun.

Ainsi, une stagnation de Qi du Foie et de la Vésicule Biliaire, souvent liée à une mauvaise gestion émotionnelle, va entraîner la présence de Chaleur dans le Foie, laquelle va perturber le Hun et entraîner un sommeil agité, et une abondance de cauchemars éprouvants. D’autres signes plus généraux peuvent être, entre autres, l’irritabilité, une tendance à être en colère, les yeux rouges, la constipation. 

Un vide de Sang du Coeur et du Foie, en privant le Shen et le Hun d’une résidence stable (puisqu’on dit qu’ils logent dans le Sang de ces organes), va entraîner des cauchemars tôt dans la nuit, ainsi que d’autres signes plus généraux comme de l’anxiété, un teint terne, des palpitations, des ongles cassants…

Les dysfonctionnements d’autres organes peuvent indirectement occasionner l’apparition de mauvais rêves. Ainsi, une Rate-Pancréas affaiblie crée de l’Humidité (à cause la mauvaise assimilation des aliments ingérés), laquelle, si elle se prolonge dans le temps, se transforme en mucosité et en Chaleur. La Chaleur fait monter les mucosités vers le haut du corps, perturbant le Shen et provoquant la survenue de cauchemars et d’insomnie. 

Les exemples donnés sont tirés de l’ouvrage de Philippe Sionneau cité plus haut. 

Est-ce à dire que les traumatismes ou les troubles proprement psychologiques (à l’occidentale) ne sont pas déterminants dans les cauchemars en médecine chinoise? Ils le sont, bien sûr, mais c’est leur impact sur la sphère énergétique des organes et, in fine, des “Esprits “ (Shen et Hun principalement) qui leur sont liés, qui est crucial. Une mauvaise hygiène de la vie physique (alimentaire, par exemple) peut tout aussi bien troubler l’harmonie du Qi et provoquer des troubles du sommeil, dont des mauvais rêves. 

Les acouphènes en énergétique chinoise

Qui n’a jamais eu les oreilles qui sifflent? Quand ça dure quelques secondes, rien de bien gênant. Mais lorsqu’ils s’installent ces sifflements importuns deviennent vite difficiles à supporter, voire, dans les cas les plus prononcés, intolérables. 

Ce sont les fameux acouphènes, soit la perception d’un son, constant ou intermittent, qui ne trouve pas sa source objective à l’extérieur. Il peut s’agir de bruits qui rappellent ceux d’un moteur, de grillons, de sifflets, du roulement des vagues… Il y en a une telle variété qu’il existe des applications mobiles dont l’objet est d’aider leurs utilisateurs à déterminer le type de bruit qui encombre leurs oreilles. Elles sont promises à un bel avenir compte tenu de la prévalence de cette pathologie: en France, pas moins de huit millions d’adultes en souffrent. Or, les acouphènes sont souvent perçus comme une fatalité en Occident, où aucun traitement n’est proposé, au-delà de quelques subterfuges, comme les aides auditives: amplificateurs des sons extérieurs ou générateurs de bruit qui occultent ceux produits par les acouphènes. 

En énergétique chinoise, les réponses apportées sont bien sûr très différentes, non seulement parce que les techniques proposées plongent leurs racines dans des traditions millénaires, bien loin des nouvelles technologies (parfois fort utiles) utilisées dans nos contrées, mais aussi tout simplement parce que la compréhension de ce phénomène diffère souvent de celui des Occidentaux. C’est ce que nous allons détailler maintenant. 

Les causes de ce trouble reconnues en médecine occidentale sont de plusieurs ordres: dégénérescence de la structure de l’oreille liée à l’âge, traumatisme acoustique, présence d’un bouchon de cérumen ou d’une otite, atteinte du nerf auditif ou de l’oreille interne, maladie de Menière… 

Vieillissement et traumatisme

En énergétique traditionnelle chinoise, le vieillissement ou le traumatisme acoustique sont aussi invoqués pour expliquer la survenue d’acouphènes. 

Le vieillissement, d’abord: en énergétique chinoise, chaque organe Yin (le Rein, le Foie, la Rate, Le Poumon, le Coeur) contrôle un sens ou un orifice des sens. Dans le cas de l’oreille, l’organe référent est le Rein. On peut ainsi lire dans le Suwen: “Les oreilles appartiennent au Rein, elles entendent et écoutent”. Le Rein nourrit les oreilles et favorise l’audition. Or le Rein est aussi l’organe qui abrite le “Jing”, ou Essence, dont nous sommes dotés à la naissance et qui correspond, peu ou prou, à notre “potentiel vital”: notre patrimoine génétique, en quelque sorte. A mesure que nous vieillissons, le Jing s’amenuise, le Rein s’affaiblit donc, et, par voie de conséquence, l’orifice qui lui est associé: l’oreille. De même le Yang ou le Yin du Rein perdent de leur vigueur mécaniquement avec l’âge. D’où les fréquents problèmes auditifs qui affectent les personnes âgées, comme, vous l’avez deviné, les acouphènes. Ces derniers apparaissent progressivement, et sont de tonalité basse. Ils sont souvent associés au syndrome de Vide de Jing du Rein.

De même, en MTC, le traumatisme est, comme en médecine occidentale, considéré comme une cause d’apparition des acouphènes. L’exposition à des décibels trop élevés, facteur pathogène externe qui vient perturber la mécanique auditive, peut entraîner la survenue de sifflements. Ces acouphènes relèvent alors d’un syndrome de plénitude et non de déficience, comme c’était le cas pour les syndromes associés au Rein.

Mais d’autres déséquilibres, cette fois éloignés des analyses étiologiques occidentales, peuvent intervenir dans l’apparition d’acouphènes. Détaillons-en quelques-unes, sans chercher l’exhaustivité. 

Un Foie sous pression

L’état du Foie peut ainsi être lié à leur survenue, notamment parce que le trajet méridien de la Vésicule Biliaire (Zu Shaoyang), son entraille associée, contourne l’oreille, tout comme le méridien du Triple Réchauffeur (Shou Shaoyang). Un Foie sous pression de façon chronique, à cause du stress ou d’une gestion émotionnelle défaillante, peut finir par engendrer un Feu du Foie (qui monte à la tête) ou par s’épuiser et se retrouver dans l’incapacité de contrôler la montée de son Yang. La montée du Yang ou du Feu du Foie dans la tête peut provoquer des acouphènes qui se caractérisent alors par leur apparition brutale et leur tonalité aigüe. 

La formation de glaires (Tan), issue d’une alimentation trop grasse, trop sucrée, ou irrégulière, est aussi à l’origine de certains types d’acouphènes. En énergétique chinoise, on considère que le Tan peut empêcher le Qi de circuler harmonieusement dans la tête, notamment au niveau des “orifices” sensoriels (bouche, nez, yeux, oreilles). Les acouphènes sont alors associés à des sensations de vertige. Il peut alors être utile d’adopter de nouvelles habitudes alimentaires afin de favoriser la transformation des glaires et de tonifier la Rate. 

Enfin, un Qi du Coeur et du Poumon sans force, affaibli, par exemple, par des troubles émotionnels récurrents ou chroniques comme la tristesse ou l’inquiétude, ne peut parvenir à la tête, provoquant également des acouphènes d’apparition progressive. Il est à noter qu’outre le Rein, le Coeur a un lien particulier avec l’Oreille puisque, le “Shen”, ou Esprit, abrité par le Coeur, régule tous les sens, dont l’audition. 

On remarquera que, comme souvent en énergétique chinoise, une bonne hygiène de vie, notamment alimentaire, et une gestion émotionnelle correcte, peuvent prévenir la survenue du déséquilibre. 

Les pathologies ostéo-articulaires en énergétique chinoise (3/3)

Poursuivons notre étude des maladies ostéo-articulaires en médecine traditionnelle chinoise. Alors que les textes classiques considéraient les facteurs pathogènes externes comme la cause principale du syndrome Bi, pour les praticiens chinois contemporains, les véritables responsables sont à chercher à l’intérieur de l’organisme. Comme nous l’avons vu précédemment, la présence d’un vide général de Qi et de Sang prédispose le corps à l’invasion des facteurs externes, et, par voie de conséquence, à l’apparition d’un Syndrome Bi. Ce dernier entraîne une stagnation de Qi et de Sang qui occasionne la douleur. 

Bi des Os

Giovanni Maciocia considère par ailleurs que la chronicisation de tout syndrome Bi aboutit à la formation d’un Syndrome Bi des Os. Le processus pathologique est le suivant: “l’obstruction persistante des articulations par des facteurs pathogènes externes amène à la rétention des fluides corporels, qui se transforment en mucosités, lesquelles obstruent encore plus les articulations et les Méridiens”. Le Syndrome Bi est alors désormais interne et affecte l’organisme au-delà du “Cou”, c’est à dire des articulations, des muscles et des méridiens, pour atteindre les organes internes. 

La présence de mucosités (ou Tan) ou les attaques répétées de Vent-Froid-Humidité finissent par altérer la circulation du Sang et par générer une stase de Sang, laquelle aggrave l’obstruction et cause une douleur accrue. Cette douleur est en général fixe et plus intense la nuit. 

Selon certains auteurs, les mucosités et la stase de Sang sont de fait les principaux facteurs pathogènes internes responsables du Syndrome Bi chronique. L’obstruction occasionnée par la présence de ces deux pathogènes provoque la dénutrition des tissus et, in fine, la lésion ou la destruction partielle des tendons, os et articulations. Elle crée, ce faisant, les déformations typiques des rhumatismes chroniques. 

Déficience du Foie et du Rein

Ces deux facteurs pathogènes (la Stase de Sang et le Tan) sont aggravés par la déficience du Foie et du Rein, dont nous avons vu, lors du premier volet de cette étude, qu’ils jouent un rôle crucial dans l’état de santé du système ostéo-articulaire. Le vide de Yin du Foie prive les tendons de nutrition et provoque ainsi la rigidité et la douleur articulaires. La déficience du Rein, quant à elle, affecte les Os et facilite l’accumulation de Tan dans les articulations, et, par conséquent, leur déformation. 

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Notons que certains auteurs considèrent qu’il existe, au-delà du Syndrome Bi, un autre syndrome relatif au système ostéo-articulaire. Il s’agit des Li Jie Bing, ou “maladie des cent articulations”. Cette catégorie inclut les syndromes poly-articulaires caractérisés par la présence d’une inflammation, d’un gonflement, d’une déformation, qui évoluent par crise. On peut, dans une certaine mesure, dresser un parallèle entre les Li Jie Bing et les pathologies poly-articulaires définies selon les critères occidentaux, comme la polyarthrite rhumatoïde, la spondylarthrite ankylosante, ou la goutte. 

Comme dans le cadre de syndrome Bi, les déficiences internes favorisent la pénétration de facteurs pathogènes extérieurs qui déclenchent la maladie. Ici, ce sont les vides de Jing du Rein et de Foie qui provoquent une stagnation de Qi, du Sang et du Qi défensif (Wei Qi) dans les articulations, rappellent De Wurstemberger et Du Bois. La maladie évolue ensuite en alternant périodes de crise (où le vide de Yin provoque une fausse Chaleur, des douleurs lombaires et aux genoux) et de rémission (où le vide de Yang prédomine avec un engourdissement articulaire, de la sueur spontanée et de la faiblesse). 

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En conclusion, en énergétique traditionnelle chinoise, l’appréhension des maladies articulaires est complexe et aux antipodes des considérations occidentales. Seul élément commun: la présence, ou non, d’une inflammation. Tandis que la MTC considère que la cause première de ces pathologies est interne et réside dans des déficiences de Qi, Sang, Foie, et / ou Rein, la médecine occidentale cherche encore les facteurs déterminants de ces maladies, bien qu’elle s’oriente vers la génétique, l’hygiène de vie (obésité, sédentarité…), et les facteurs auto-immuns.

Les pathologies ostéo-articulaires en énergétique chinoise (partie 2/3)

Maintenant que nous avons étudié les structures anatomiques selon la médecine chinoise, il est temps d’aborder leurs déséquilibres, et donc d’entrer dans le vif du sujet de ce triptyque : les maladies articulaires. Nous allons consacrer ce deuxième volet aux facteurs déclencheurs de ces pathologies.

Rappelons qu’en MTC, elles sont classées dans la catégorie du syndrome Bi. Stricto sensu, ce syndrome se réfère à une “obstruction des méridiens causée par l’invasion de facteurs pathogènes externes”, comme le définissait Giovanni Maciocia, même si, en réalité, il peut aussi résulter d’un traumatisme ou d’un usage excessif. 

Phénomène pas si simple

Selon le praticien de médecine chinoise Xiao Yong Jian, “En MTC, les causes des maladies ostéoarticulaires ne sont pas très nombreuses et complexes” (voir son ouvrage Rhumatologie et acupuncture; 63 maladies ostéo-articulaires traitées en acupuncture traditionnelle. Institut Yin Yang. 2007). Dans les premiers textes classiques, le Syndrome Bi apparaît certes uniquement relié aux facteurs pathogènes externes: le Vent, le Froid, l’Humidité. La Chaleur n’est, à cette époque, pas considérée comme cause du Bi.

Aujourd’hui néanmoins, on considère le Syndrome Bi comme le résultat d’un processus plus complexe: il serait en fait dû à l’obstruction du Qi et du Sang à l’intérieur des Méridiens et des collatéraux, suite à la pénétration du Vent-Froid-Humidité. Cependant, la pénétration de ces pathogènes n’est possible qu’en cas de faiblesse préalable du Qi correct, le Zheng Qi. D’où l’importance de la notion de “Cou” (voir le premier volet) dans le cadre de l’étude des maladies rhumatismales. 

En somme, l’apparition d’un syndrome Bi est le résultat de la conjonction de plusieurs éléments: une faiblesse initiale du Zheng Qi permet la pénétration d’un Vent-Froid-Humidité, lequel entraîne une obstruction de Qi et de Sang.

Manifestations

Il en résulte un syndrome Bi articulaire, dont le symptôme principal est la douleur articulaire, accompagnée occasionnellement de contractures ou douleurs musculaires. Les cas chroniques peuvent aboutir à des déformations des articulations.

La manifestation du Syndrome Bi dépend de la nature du facteur déclenchant, soit, selon les textes classiques, le Vent, le Froid, l’Humidité.

Ainsi, le Bi du Vent (Bi erratique) se caractérise par une “inflammation et une douleur des muscles et des articulations, la douleur se déplaçant d’une articulation à l’autre”, rappelle Giovanni Maciocia.

Le Bi du Froid (Bi douloureux) se caractérise quant à lui par une douleur intense et fixe au coeur d’une articulation ou d’un muscle. 

Bi de la Chaleur et Bi du Froid

Il existe un autre type de Syndrome Bi, que les textes classiques ne mentionnent pas: le Bi de la Chaleur. Il résulte soit de la transformation du Vent, du Froid ou de l’Humidité en Chaleur après avoir pénétré dans l’organisme, soit d’une attaque de Vent-Chaleur. Ce Bi est caractérisé par la présence d’inflammation. C’est précisément l’élément différentiel employé en médecine occidentale pour distinguer arthrite et arthrose.

Quel que soit le type de Syndrome Bi, son apparition est le fruit d’une conjonction de facteurs externes (Vent, Froid, Humidité, Chaleur-Humidité) et de facteurs internes (vide de Zheng Qi, stagnation de Qi et de Sang). La chronicisation des douleurs articulaires implique quant à elle nécessairement un déséquilibre interne qui facilite la rétro-alimentation de ce syndrome. Nous le verrons de façon approfondie dans le dernier volet de ce triptyque consacré aux maladies articulaires en MTC.

las patologías osteoarticulares en medicina china (1/3)

Sensación de quemazón, rigidez de los dedos, entumecimiento de los miembros, percepción de cierta pesadez en las vértebras lumbares o cervicales… La multiplicidad de los dolores articulares refleja la complejidad de las patologías subyacentes. Esta complejidad, junto con trayectorias históricas divergentes, explican por qué la medicina tradicional china y la occidental han abordado las enfermedades osteoarticulares desde puntos de vista muy alejados. En este artículo, se estudiará el concepto chino de la enfermedad osteoarticular.

Es cierto que, al igual que la medicina occidental, la medicina tradicional china también ha abordado las patologías osteoarticulares desde el elemento diferencial de la inflamación. Pero mientras la medicina occidental distingue principalmente artritis (presencia de inflamación) de artrosis (carácter degenerativo de la patología), en la MTC, todas las enfermedades articulares se reúnen dentro de la tipología más global de “Síndrome Bi” o Síndrome de obstrucción dolorosa.

La estructura del cuerpo según la MTC

Pero empecemos por el principio: antes de entrar más en detalle en el concepto de Síndrome Bi, hay que recordar que las patologías osteoarticulares afectan directamente a la estructura soporte del cuerpo, la que le permite sostenerse a sí mismo, entrar en movimiento, desplazarse, y que está relacionado con los meridianos. La medicina china ha desarrollado un conjunto de conceptos relativos a esta estructura que se detalla ahora, siguiendo el análisis de los terapeutas en Medicina china Bernard De Wurstemberger y Robert Du Bois en su libro “Rhumatologie et acupuncture, Cahiers Cliniques” (Jouvence Éditions, Fondation Lebherz-Cornelius Celsius. 2016):

La estructura anatómica más profunda es el hueso, “Gu”. Está directamente vinculado con el Riñón. Según el Suwen, “El Riñón genera la médula y los huesos” y “El hueso forma parte del dominio del Riñón”. El Hueso y la Médula forman parte de los “Fu” extraordinarios que garantizan la continuidad de la persona. 

La pareja del “Gu” es el “Rou”, o músculo. Su relación también simboliza la pareja Duro-Blando. Vinculado con el Bazo, el músculo representa la forma, la apariencia, el trofismo, la transformación. 

Los tendones, o “Jin”, son la estructura anatómica que da fuerza y movimiento y representan todos los tejidos mesenquimales. Vinculados con el elemento Madera, su relación con el Hígado es estrecha.

En cuanto a las articulaciones se denominan Guan Jie, en chino. Guan significa barrera, y Jie, articulación. 

El papel especial de la relación “Cou-Li”

Por último, la relación “Cou-Li”, que evoca el espacio y otras cavidades (Cou) y los músculos, estrías de la piel y órganos internos (Li), es importante en el estudio de las patologías osteoarticulares. En efecto, en el ámbito particular del síndrome de obstrucción dolorosa, “Cou” designa el espacio entre la piel y los músculos. En este espacio circulan los fluidos corporales y se mueve el Wei Qi que defiende el cuerpo contra los patógenos externos. En caso de debilidad del Qi defensivo, el “Cou” está abierto y el cuerpo está más vulnerable a los ataques de factores como el Viento, Frío y Humedad, los cuales pueden provocar el Síndrome Bi.

Del estudio de las estructuras anatómicas según la medicina china se deduce que el Hígado y el Riñón desempeñan un papel fundamental en el buen estado de salud del aparato osteoarticular, ya que el “Gou”, o Hueso, depende del Riñón para su desarrollo y su perennidad, mientras que los “jin” o tendones dependen del Hígado. Por tanto, el estado de estos órganos, o “Zang” determina el del aparato osteoarticular en su conjunto. 

Sin embargo, no es el único factor de aparición de un Síndrome Bi. También hay que incluir a los factores patógenos externos como desencadenantes cruciales, como subrayan los textos clásicos. Lo abordaremos en la segunda parte de este tríptico sobre las enfermedades osteoarticulares en Medicina Tradicional China. ¡Hasta pronto!

Les pathologies ostéo-articulaires en énergétique chinoise (partie 1/3)

Sensation de brûlure, rigidité des doigts, engourdissement des membres, perception d’une certaine pesanteur au niveau des vertèbres lombaires ou cervicales… La multiplicité des douleurs articulaires reflète la complexité des pathologies sous-jacentes. Cette complexité, ainsi que les trajectoires historiques divergentes sont les raisons pour lesquelles les médecines occidentale et chinoise ont abordé les maladies ostéo-articulaires de façon radicalement différente. C’est l’analyse chinoise des maladies ostéo-articulaires que nous allons étudier ici.

Certes, la médecine chinoise utilise, comme la médecine occidentale, le critère de l’inflammation comme élément différentiel parmi les maladies articulaires. Nous le verrons lors d’un prochain article. Néanmoins, alors que la médecine occidentale distingue arthrose et arthrite, en médecine chinoise, toutes ces pathologies sont réunies en une typologie plus globale: celle du “Syndrome Bi”, ou “Syndrome d’Obstruction Douloureuse”.

Mais commençons par le commencement: avant de décrire le concept de Syndrome Bi en MTC, rappelons que les maladies ostéo-articulaires affectent directement la structure du corps, celle qui lui permet de se soutenir lui-même, d’entrer en mouvement, de se déplacer. L’énergétique chinoise a développé un ensemble de concepts relatifs à cette structure, comme le rappellent Bernard de Wurstemberger et Robert Du Bois dans leur ouvrage Rhumatologie et acupuncture, Cahiers Cliniques (Jouvence Éditions, Fondation Lebherz-Cornelius Celsius. 2016):

Tout d’abord, la structure anatomique la plus profonde est l’Os, “Gu”. Il est directement lié au Rein. Selon le Suwen (le Classique des “Questions Simples”), “le Rein génère la moelle et les os” . l’Os et la Moelle font partie des « entrailles curieuses » qui garantissent la continuité d’une personne. 

Le partenaire du “Gu” est le “Rou”, ou muscle. Leur relation symbolise également le couple Dur-Mou. Lié à la Rate, le muscle représente la forme, l’apparence, le trophisme, la transformation. 

Les tendons, ou “jin”, constituent la structure anatomique qui donne force et mouvement et représentent les tissus mésenchymateux. Reliés à l’élément Bois, leur relation avec le Foie est étroite. 

Les articulations quant à elles sont appelées “Guan Jie”. “Guan” signifie barrière, “Jie”, articulation. 

À noter que la relation “Cou-Li”, qui évoque l’espace et autres cavités (Cou) et les muscles et organes internes (Li), est importante dans l’étude des pathologies ostéo-articulaires. Pourquoi? Parce que, dans le contexte d’un syndrome d’obstruction douloureuse (Syndrome Bi), “Cou” désigne précisément l’espace entre la peau et les muscles, dans lequel circulent les fluides corporels et le “Wei Qi”, l’énergie qui défend le corps contre les pathogènes externes. En cas de faiblesse de ce Qi défensif, le “Cou” est ouvert et le corps devient plus vulnérable aux attaques de facteurs pathogènes comme le Vent, le Froid et l’Humidité, lesquels peuvent provoquer un Syndrome Bi. 

Il est clair, à l’étude des structures anatomiques selon la médecine chinoise, que le Rein et le Foie  jouent un rôle primordial dans la santé de l’appareil ostéo-articulaire. En effet, le “Gu”, ou Os, dépend du Rein pour son développement et sa pérennité, tandis que les “Jin”, ou tendons, dépendent du Foie. L’état de ces organes, ou “Zang” détermine celui des os et des articulations, et donc, celui de l’appareil ostéo-articulaire dans son ensemble. 

Pourtant, ce n’est pas là le seul facteur induisant l’apparition d’un Syndrome Bi. les textes classiques soulignent en effet le rôle déclencheur des facteurs pathogènes externes. Nous l’évoquerons prochainement dans la deuxième partie de cet article.